Le secteur immobilier commercial de Montréal est-il en train de tourner la page?

Comme ailleurs, le marché immobilier commercial montréalais continue de s’adapter à divers défis. Pourtant, après plusieurs années difficiles, notamment une pandémie, le cycle de hausse des taux d’intérêt le plus rapide des temps modernes et une guerre commerciale avec les États-Unis, le marché immobilier montréalais semble retrouver sa stabilité. Des jours meilleurs sont-ils à venir?

Les marchés capitaux de la ville affichent une nette amélioration du volume des ventes. Les ventes de bureaux, de commerces et d’appartements sont bien supérieures aux moyennes trimestrielles historiques récentes. Seules les ventes industrielles accusent un retard, probablement en raison des inquiétudes persistantes concernant la politique commerciale incertaine entre les États-Unis et le Canada, conjuguées à celles d’une offre excédentaire d’espace. Cependant, avec l’Accord Canada-États-Unis-Mexique (ACEUM), qui doit être discuté l’année prochaine, l’espoir d’un accord commercial est permis.

En même temps, les perspectives d’offre pour les bureaux et l’industriel restent extrêmement limitées. Aucun projet de bureaux d’envergure n’est en construction, et les nouvelles constructions ne représentent que 1 % de l’inventaire industriel existant, soit moins que le 1,5 % à l’échelle nationale.

Du côté de la demande, l’environnement demeure favorable aux locataires de bureaux. Cependant, la demande potentielle pour des espaces plus récents et plus modernes devrait permettre aux immeubles construits en 2010 et après de continuer à voir leur taux de disponibilité baisser et leur taux d’occupation s’améliorer.

Selon les acteurs du marché, les effets persistants de la guerre commerciale entre les États-Unis et le Canada continuent de peser sur le moral des occupants industriels. Cependant, si un nouvel accord commercial est conclu, ces derniers devraient commencer à se sentir plus confiants quant à la location de nouveaux locaux à l’avenir. Malgré cette incertitude, les volumes de location restent en hausse par rapport à 2024.

Malgré des faiblesses persistantes, telles qu’un excédent de bâtiments industriels de grande hauteur récemment livrés et l’adoption continue de modèles de travail hybrides par certains occupants de bureaux, une tendance générale à la hausse des locations d’espaces de bureaux et industriels est évidente au cours des derniers trimestres.

 

 

Cette hausse des locations est sans doute en partie due à la capacité des locataires à négocier des loyers inférieurs aux tarifs affichés. Néanmoins, cette hausse est un signe encourageant que les marchés de l’espace pourraient retrouver leur équilibre.

De plus, Montréal s’apprête à élire un nouveau maire et une nouvelle administration, ce qui pourrait modifier la façon dont la ville aborde ses défis en matière de développement immobilier, notamment la construction de logements. Ensemble Montréal, parti en tête des sondages lorsque ces lignes ont été écrites, renverserait certaines politiques de l’ancienne administration et privilégierait plutôt la collaboration avec le secteur privé pour développer le logement, accélérer l’obtention des permis et accélérer l’aménagement des sites disponibles comme l’Hippodrome, selon le site web du parti.

L’absence d’intentions de construction de nouveaux immeubles de bureaux et industriels devrait favoriser la reprise des marchés locatifs, d’autant plus que la demande d’espaces reprend également. L’augmentation du volume de transactions est peut-être un autre signe que le secteur immobilier commercial de la ville est prêt à prendre un virage. Parallèlement, une nouvelle administration municipale pourrait accélérer les processus d’obtention de permis et ainsi stimuler le développement nécessaire de logements. Bien que loin d’être certain, 2026 semble réunir les ingrédients d’une année de reprise pour le secteur immobilier montréalais.

 

 

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